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Comment fixer ses prix en freelance : méthode, calcul et positionnement

La plupart des freelances fixent leurs prix en regardant ce que font les autres, puis en se positionnant légèrement en dessous "pour décrocher des clients". C'est la stratégie la plus sûre pour travailler beaucoup et gagner peu. Voici une approche différente.

6 avril 2026 | En Croissance

Se sous-vendre est aussi dommageable que se survendre, mais pour des raisons différentes. La sous-tarification crée un signal négatif : les clients B2B interprètent un prix bas comme un signal de faible qualité ou d'inexpérience. Et elle force à accepter tous les projets pour compenser par le volume, ce qui réduit le temps disponible pour monter en compétence ou développer son portefeuille client.

Calculer son TJM de base : le plancher à ne pas descendre

Le Taux Journalier Moyen (TJM) est l'indicateur de référence en freelance B2B. Pour calculer votre TJM minimum, partez du revenu net annuel que vous visez. Divisez par le nombre de jours que vous pouvez réellement facturer dans l'année (et non 365).

Formule :
TJM minimum = (Revenu net annuel souhaité + Charges annuelles) / Nombre de jours facturables

Exemple : revenu net souhaité de 50 000 euros, charges annuelles de 12 000 euros (cotisations, comptable, outils, formation), 150 jours facturables. TJM minimum = (50 000 + 12 000) / 150 = 413 euros par jour. C'est votre plancher, le TJM en dessous duquel travailler vous fait perdre de l'argent par rapport à vos objectifs.

Le problème des jours facturables

Un freelance ne facture pas 220 jours par an. Il passe du temps à prospecter, à gérer sa comptabilité, à se former, à produire des devis, à participer à des réunions non facturables, à gérer les impayés. La réalité pour un freelance bien établi tourne autour de 140 à 180 jours facturables par an. Pour un freelance qui démarre, descendez à 100 ou 120 jours la première année.

Surestimer le nombre de jours facturables est l'erreur qui amène à fixer un TJM trop bas. Si votre calcul part de 200 jours facturables et que la réalité est 140, vous gagnez 30 % de moins que prévu.

Se positionner sur le marché

Comparer son TJM au marché est utile, mais le "marché" est très hétérogène. Un consultant senior en transformation digitale avec 15 ans d'expérience dans le secteur bancaire ne se compare pas au TJM moyen de toutes les activités de conseil confondues. Cherchez des données de votre segment précis : malt.fr et upwork.com publient des données par métier et niveau d'expérience.

Règle de positionnement : si 100 % des prospects que vous démmarchez acceptent votre premier devis sans négocier, votre prix est probablement trop bas. Un taux d'acceptation de 60 à 75 % sans négociation est généralement le signe d'un bon calibrage. Si moins de 40 % acceptent, soit votre prix est trop élevé par rapport à votre positionnement actuel, soit vous ciblez les mauvais clients.

La tarification à la valeur : aller au-delà du TJM

Le TJM est une logique de temps vendu. La tarification à la valeur est une logique de résultat vendu. Si votre intervention génère 200 000 euros de valeur pour un client (économie réalisée, CA supplémentaire généré), facturer 5 000 euros est une affaire pour votre client, même si votre TJM habituel est plus bas.

Pour pratiquer la tarification à la valeur, vous devez comprendre la valeur de votre intervention pour le client spécifique, pas en moyenne, mais dans son contexte. Cela demande de poser les bonnes questions en phase de cadrage : quelle est la conséquence de ne pas résoudre ce problème ? Quel résultat attendez-vous dans 6 mois ? Combien coûte actuellement ce problème à votre organisation ?

Remises et négociation : ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas

Accorder une remise sans contrepartie est une erreur stratégique, ça signale au client que votre prix initial était exagéré, et il recommencera à négocier à chaque futur devis. Si vous accordez une remise, échangez-la contre quelque chose de concret : un périmètre réduit, un règlement anticipé, un engagement sur la durée, un témoignage client, une référence auprès d'autres prospects.

La phrase utile : "Je peux m'adapter à votre budget si on réduit le périmètre à [élément précis]. Sur le périmètre complet, le devis que je vous ai soumis est le bon." Cette réponse repositionne la négociation sur le périmètre plutôt que sur le prix, et vous protège de la spirale des remises successives.

La règle d'or

Si vous vous excusez de votre prix en le donnant, le client le sentira et négociera. Annoncez votre tarif avec la même neutralité que vous donneriez votre prénom. Le prix est le prix. S'il ne convient pas, on discute du périmètre.